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Donation : montant, imposition, conditions…

Donation : montant, imposition, conditions…

[DONATION] En immobilier, le principal intérêt d’une donation est de permettre aux donateurs de transmettre tout ou partie de leur patrimoine immobilier de leur vivant à leurs héritiers en réduisant les frais de succession à venir.

Qu’est-ce qu’une donation ?

Une donation est un contrat solennel par lequel une personne appelée ” le donateur ” transmet, de son vivant, la propriété d’un bien (maison, terrain, œuvre d’art, bijou…) à une autre personne (” le donataire “), et ce gratuitement. Pour que cette donation soit conforme, les biens en question doivent appartenir personnellement au donateur et l’acte doit être accepté par le donataire. La donation nécessite la rédaction d’un acte sous forme notariée. Trois critères doivent être réunis pour effectuer une donation : être sain d’esprit, être majeur ou mineur émancipé et posséder la capacité juridique (c’est-à-dire avoir la capacité d’exercer ses droits et obligations soi-même).

La donation immobilière

La donation immobilière est un acte au cours duquel une personne transmet de son vivant à une autre personne un patrimoine immobilier dont elle est propriétaire. Cela peut être un appartement, une maison ou un terrain. Quoiqu’il en soit, tous les types de biens immobiliers sont soumis à la taxe sur les donations. Seules ceux qui sont classés ” monument historique ” en sont exonérés. Les forêts et les terres agricoles transmis dans le cadre de la donation immobilière font, quant à eux, l’objet d’une exemption partielle.

La donation d’argent 

Les sommes d’argent transmises occasionnellement à des proches, par exemple à l’occasion d’un évènement (anniversaire, mariage, naissance…) et dont la valeur est raisonnable, sont considérés comme des ” présents d’usage “. Le montant donné doit être limité au regard des revenus et du patrimoine du donateur. En théorie, l’administration fiscale ne donne aucune valeur maximale et apprécie donc les donations d’argent au cas par cas. En pratique, la donation d’argent se limite à 1 à 2% du patrimoine ou des revenus du donateur.

Qu’est-ce qu’une donation simple ?

La donation simple s’apparente à un cadeau ou à un présent d’usage offert à un donataire (enfant, ami…) dans le cadre d’une occasion particulière : son mariage, son anniversaire, une naissance ou tout autre évènement personnel. Sans quoi, elle est requalifiée en donation manuelle et est ainsi taxable. Il n’y a pas de plafond à la donation simple : elle n’est limitée que par les ressources du donateur. A la différence des autres donations, la donation simple n’a pas besoin d’être réalisée devant un notaire, sauf si le cadeau transmis est un bien immobilier.

Qu’est-ce qu’une donation-partage ?

Une donation-partage est un acte notarié par lequel une personne répartit, de son vivant, tout ou partie de ses biens. Les bénéficiaires de cette donation peuvent être les héritiers du donateur (ses enfants par exemple) ou ses descendants (ses petits-enfants). Comme pour une donation classique, les donataires reçoivent immédiatement leur don. Ils peuvent toutefois ne pas en avoir l’usage ou la jouissance si le donateur a, par exemple, gardé l’usufruit du bien en question, sa vie durant.

Qu’est-ce qu’une donation universelle ? 

On parle d’une donation universelle lorsque ce transfert porte sur la totalité du patrimoine du donateur. En réalité, il s’agit donc d’un legs, et non d’une donation. Cette dernière ne concernant que des biens spécifiques, non de la totalité d’un patrimoine. Le legs universel est un mode de transmission du patrimoine qui présente l’avantage de protéger ses proches et leur patrimoine après sa mort. Pour autant, ce legs ne réduit pas la part qui revient de fait aux héritiers.

Quel montant pour une donation ? 

Chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 euros par enfant, en une seule ou plusieurs fois, tous les 15 ans, sans qu’il ait de droits de donation (à la charge des donataires) à payer. Un couple peut ainsi transmettre à chacun de ses enfants 200 000 euros tous les 15 ans, tout en étant exonéré de droits. Plus globalement, le montant qu’il est possible de transmettre en exonération de droits dépend du degré de parenté entre le donataire et le donateur. Le montant maximal de la donation entre époux est de 80 724 euros, après quoi elle est assujettie aux droits de donation. Ce montant est de 15 932 euros entre frères et sœurs. 

Quel est l’intérêt de faire une donation ?

La donation permet au donateur de transmettre son patrimoine de son vivant. Il évite ainsi les conflits qui surgissent parfois entre les héritiers au moment de la succession ou de la lecture du testament et qui aboutissent, par exemple, à l’indivision. L’autre intérêt, c’est que la donation supprime les droits de succession sur les biens qui ont fait l’objet du don. Seuls des droits de mutation sont payés au moment de la donation, sauf en cas d’exonération. Les abattements sont donc plus avantageux.

Une donation est-elle imposable ?

Une donation à un ami, or présent d’usage, est imposée dès le premier euro transmis. En revanche, les donations réalisées dans le cercle familial bénéficient d’exonérations et d’abattements qui sont différents en fonction du degré de parenté entre le donataire et le donateur. Les époux ou les partenaires pacsés peuvent, par exemple, effectuer entre eux une donation dans la limite de 80 724 euros. Après ce plafond, des frais de donation seront appliqués. Leur taux d’imposition varie entre 5 et 45% en fonction de la part taxable après abattement. 

Comment faire une donation sans passer par le notaire ?

Lorsque la donation porte sur un bien immobilier, le recours au notaire est obligatoire. Lorsqu’elle porte sur un bien meuble (un bijou, une œuvre d’art…), une somme d’argent ou un titre immatériel (des actions dans une société par exemple), elle peut se faire manuellement, sans l’intervention d’un notaire. Le donateur a toutefois intérêt à faire une déclaration de don manuel, qui constituera une preuve irrévocable en cas de contestation.

Donation de son vivant après 70 ans

Après 70 ans, il est possible de réaliser une donation à ses proches et de bénéficier d’abattements en fonction du lien de parenté entre le donateur et son donataire, afin de limiter les futurs droits de succession que paieront les héritiers. Après 70 ans, faire une donation de la nue-propriété d’un bien immobilier tout en conservant l’usufruit est intéressant. Les droits de donation varient en fonction de l’âge de l’usufruitier : 60% pour les moins de 71 ans et 70% pour les moins de 81 ans.

Donation après 80 ans

Il n’y a pas d’âge limite pour réaliser une donation, tant que le donateur est sain d’esprit. Aussi, il est donc possible de s’y intéresser même après 80 ans. Pour autant, faire une donation de la nue-propriété d’un bien immobilier tout en conservant l’usufruit n’est plus aussi intéressant passé 80 ans, le pourcentage des droits de donation s’élevant à 80% passé 81 ans et jusqu’à 90% pour les donateurs de plus de 91 ans.

Donation entre frère et sœur 

Un frère peut réaliser, de son vivant, une donation à sa sœur, et inversement. Quelle que soit la forme de la donation (simple, donation-partage, don manuel…), la loi prévoit un abattement de 15 932 euros pour chaque bénéficiaire, tous les 15 ans. Cela signifie qu’aucune imposition ne s’applique en dessous de cette somme. La seule restriction est celle de l’existence d’enfants ou d’un conjoint survivant si le frère ou la sœur décède. Dans ce cas, la loi impose de respecter la part obligatoire dont ces derniers ne peuvent être privés. C’est ce qu’on appelle ” la réserve héréditaire “. 

Dans quels cas une donation peut-elle être révoquée ?

En théorie, une donation est un acte irrévocable. Pour autant, il existe des exceptions, qui permettent aux donateurs et donataires de revenir en arrière. La donation peut par exemple être révoquée sur décision de justice si le donataire commet des agissements graves à l’encontre du donateur. Si la donation a été assortie de conditions ou d’obligations à la charge du donataire et que celles-ci ne sont pas respectées, la donation peut également être annulée par le tribunal de grande instance.

(Source : lefigaro.fr – Image : freepik.com)

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